Ninja Turtles 2

Réalisé par Dave Green

Avec Megan Fox, Stephen Amell, Will Arnett
Pays:   États-Unis
Genres : Action, Aventure, Comédie, Science Fiction
Durée : 1 h 52 min
Année de production : 2016
5.5/10

L‘idée d’avoir des héros des bas-fonds de la ville personnifiés par des tortues ninjas, mangeuses de pizza, est absurde. Les réadapter au cinéma n’est pas ce qui est de plus brillant mais la fidélité à la BD et au dessin animé est à souligner. Le divertissement fonctionne plus ou moins et la nostalgie autour de personnages annexes qu’on avait oublié nous replonge en enfance, surtout quand on a grandi avec le dessin animé et le mythique jeu sur Nes.

L’humour est parfois très bête et infantilisant et même si le film est loin d’être mémorable dans son genre, il a le mérite de mettre en avant le terrible Krang, l’ennemi que l’on pensait inadaptable à l’écran.

L’influence de Michael Bay, même s’il se contente du fauteuil de producteur, se voit à l’image. La domination des effets numériques est toujours déstabilisante, surtout sur cette vision insupportable des tortues piquées à la testostérone. La répétitivité (devenant ici un gimmick) de certaines scènes « Made in Bay » se fait de nouveau ressentir. Entre combats au sommet de gratte-ciel, trous temporels déployés en direction de l’univers sidéral ou les imposantes course-poursuites sur autoroutes, les productions Bay s’enferment dans du blockbuster formaté. Dans la famille des scènes invraisemblables, on retiendra la scène de chute libre et la jolie course-poursuite d’un tank dévalant des rapides.

L’avantage de cette suite est d’avoir une multitude de personnages déjà installés. Krang aurait mérité cependant d’être un peu plus présent afin d’être approfondie, surtout sur sa genèse. Les quatre tortues montées sur ressorts sont sympathiques et ciblent parfaitement leur public mais leur look n’aide pas foncièrement à les apprécier, au contraire des amusants Bebop et Rocksteady, qui viendront rattraper le coup avec leur terrible et maladroite puissance. En effet, le phacochère et le rhino, deux abrutis d’ennemis, amusent continuellement la galerie sans jamais nous ennuyer et permettront de combler quelques vides. Finalement, les personnages haut en couleur sont « presque » dépaysants, bien plus que la sensuelle et affriolante Megan Fox.

Ninja Turtle 2 assume son aspect cartoonesque en restant fidèle à ses origines. On apprécie le spectacle avec les ennemis culte de la série, cependant on déchante rapidement face au faible scénario et l’infantilisante intrigue.



V/H/S: Viral

Réalisé par Nacho Vigalondo, Marcel Sarmiento, Gregg Bishop, Justin Benson, Aaron Moorhead

Avec Justin Welborn, Emmy Argo, Gustavo Salmerón
Pays:   États-Unis
Genres : Horreur, Thriller, Film à sketches
Durée : 1 h 21 min
Année de production : 2014
5/10

Afficher l'image d'origineV/H/S multiplie les essais autour de divers courts-métrages ayant en commun le genre: thriller horrifique. Même si à chaque fois on est déçu des multiples segments, la volonté du spectateur de découvrir  une surprenante réalisation est l’unique motivation qui nous pousse à voir ce genre de film à sketches, sans être un point de non-retour face aux multiples déclinaisons du format.

Vicious Circles de Marcel Sarmiento, dont le souvenir rémanent de son « Dog Fight » dans l’abécédaire The ABC’s of Dead est toujours bon à conseiller, réalise ici l’unique segment qui se déroulera en fil rouge sur toute la longueur de la « VHS ». Fini les scénettes à la découverte de cassettes vidéo cachées, le concept est maintenant connu, on se focalise sur les essais de chaque réalisateur sans les justifier dans une histoire qui ne sert de toute façon à rien. Vicious Circles est consternant car même si on reste captif à la recherche d’une fin qu’on pense intéressante, au bout du compte on est trompé par une conclusion bancale et sans véritable saveur. La réalisation est brouillon et manque véritablement de saveur. La conclusion est bien moins puissante que la course mystérieuse et effrénée qu’endurera notre héros.

Dante The Great est un savoureux segment. Un des meilleurs courts présentés dans la saga VHS. Le concept du magicien affublé d’une cape magique est très original. Les effets sont bien mis en place et franchement on est frustré de ne pas en découvrir plus. Le format de mise en scène se façonne à l’histoire entre caméra au poing et images télévisuelles. Seule la photographie manque un peu de clarté, mais ça reste du court-métrage bien pensé en conservant toute sa fabrication amateur.

Parallel Monsters de Nacho Vigalondo qui nous avait bluffé par son mémorable Timecrimes et le segment « Apocalypse » de l’ABC de la mort, mélange subtilement science-fiction et horreur. En effet, on est absorbé par l’histoire de ce « géo-trouve-tout » qui va ouvrir un portail temporel et y découvrir son double qui semble avoir fait la même découverte. De ce fait, les individus vont intégrer le monde de l’autre qui semble être bien identique en tout point, sauf un. Un détail totalement WTF qui nous déconcerte totalement mais qui  reste aussi récréatif que surprenant dans un univers dit « normal ». Mais où est la normalité?

Bonestorm ou l’art du faire du gore sans grande ambition. Bien sûr que nos skateurs, tout autant que l’équipe technique, se sont amusés à décapiter du bonhomme. Les prothèses et les bidons de sang sont la matière première du court et même si sur les premières minutes on est amusés par cette virevoltante envolée au skate-park, on arrive à se lasser des redondantes têtes coupées. C’est souvent cradingue et la réalisation est un peu trop rythmée. Le found-footage-de-gueule est un peu la facilité du sport extrême et quand c’est mal utilisé et bien ça nous fout la gerbe! Comme si on avait plus l’âge d’être dans un délire bien gore et survolté car le réalisateur oublie l’essentiel: une bonne intrigue.

Gorgeous Vortex a été retiré du montage. La seule manière est de le retrouver sur la toile et finalement ce n’est pas un mal de l’avoir retiré tant le court-métrage aurait rendu ce panel de films lourds et ennuyeux. En s’effaçant, il a le mérite de laisser ce divertissement dans la moyenne, à défaut de le rendre âpre et fâcheux.

V/H/S, troisième du nom, n’est ni plus, ni moins, dans la moyenne. Deux courts-métrages à jeter et deux autres intéressants faisant preuve d’originalité. Finalement, en multipliant les épisodes, on va pouvoir estimer reconstituer une VHS de qualité en mixant les meilleurs projets.



S.O.S. Fantômes

Réalisé par Paul Feig

Avec Melissa McCarthy, Kristen Wiig, Kate McKinnon
Pays:   États-Unis
Genres : Action, Comédie, Fantastique
Durée : 1 h 56 min
Année de production : 2016
4.75/10

Si ce remake était prédestiné à être un échec cuisant, il s’avère que la nostalgie de la saga fonctionne encore un soupçon. Cependant, soyons clair, il n’y a aucun intérêt de réaliser un tel film, surtout pour nous raconter la même rengaine! Mais le divertissement est a minima présent, je m’attendais à bien pire et ce remake aura peut-être le mérite de pousser la nouvelle génération à découvrir la genèse un peu vieillotte de la saga.

Commençons par ce qui est le plus populaire dans S.O.S. Fantôme: la musique. La célébrissime composition de Ray Parker Jr est de retour, quel bonheur! Mais, oh! sacrilège elle a été remixé, tout comme la totalité des personnages du film. En effet, on prend les mêmes, on change leur genre et on recommence. Ainsi l’équipe masculine devient féminine et si l’axe de vision d’un monde moderne est la volonté de ce remake, la profondeur du récit est assez pauvre, il n’y a plus d’âme dans ce blockbuster « new generation » aseptisé. Le côté fantasmagorique significatif aux films originaux ne fonctionne plus. Autant voir des vortex et des apparitions fantomatiques dans l’ancienne version avec une architecture atypique permettaient de nous projeter pleinement dans l’aventure, autant ici l’idée de se retrouver dans un musée à chasser des poltergeists est bien mauvaise et surtout sans aucune ambition. On aurait aimé que les scénaristes prennent plus de risques afin de nous offrir une intrigue plus fouillée et un réalisateur qui travaille plus l’ambiance de sa mise en scène. On vient voir Ghostbusters pour chasser du fantôme avec le sourire… et pas sourire des fantômes!

Melissa McCarthy prend trop de place dans ses films. Elle vulgarise ses personnages et devient assez pénible à suivre s’enfermant dans des rôles assez similaires. L’accoutrement de Kate McKinnon en (Don)intello est d’aucune utilité et l’intégration forcée de Leslie Jones est totalement bancale, il fallait mettre un peu de couleur dans ce quatuor, me dira-t-on, histoire de rester fidèle au passé. Seule, Kristen Wiig, plus discrète, se fond dans un personnage plaisant par sa sobriété. Chris Hemsworth reprendra le rôle de la secrétaire idiote à l’origine interprété à l’origine par Annie Potts et devient finalement le personnage le plus drôle. Crétin mais amusant, on apprécie chacune de ses répliques et sa façon de rire de lui-même! Enfin quelques guests viendront cachetonner comme Andy Garcia, ou au mieux célébrer l’hommage d’un film devenu culte avec l’apparition des 4 anciens Ghostbusters (et oui Harold Ramis apparaît sous la forme d’un buste en bronze) et de Sigourney Weaver. Enfin, on n’oubliera pas les nombreux clins d’œil présents entre l’envolée du Bibendom ou de celle de Bouffe-tout.

M’enfin! La bonne surprise du film, car il y en a une, est la transfiguration du fantôme mythique que l’on trouve sur le logo du film. Lui qui s’est imposé sur les affiches du film depuis plus de 30 ans et qui n’avait jamais fait son apparition dans le film, se voit ici enfin prendre vie. Une joie de le voir grandir et se mouvoir avec une texture toute douce alors que son allure est semble si méchante! Mouhahaha! Son design était prédestiné à être mis en avant, voilà une chose dorénavant faite. Certainement, la seule bonne idée du film!

S.O.S. Fantômes (2016) surfe sur l’héritage d’une vieille saga mythique, mais son dépoussiérage lui enlèvera toute son âme. Le casting, ses guests et son pauvre scénario manquent d’ambition pour qu’on puisse s’en rappeler encore dans 30 ans. Cette version « New Génération » n’a aucun intérêt si ce n’est de voir l’émergence de Rowan’s Ghost, l’iconique fantôme qui s’est enfin décollé de son affiche.



Bad Moms

Réalisé par Jon Lucas, Scott Moore

Avec Mila Kunis, Kristen Bell, Kathryn Hahn
Pays:   États-Unis
Genres : Comédie
Durée : 1 h 41 min
Année de production : 2016
2.5/10

Bad Moms est l’archétype de la mauvaise comédie US pas drôle bravant les mauvais clichés. Après les « bad » teacher, sisters, family et compagnie, cette comédie s’attarde sur les mésaventures d’une mère de famille qui va se rebeller contre son statut de bonne maman pour devenir une femme moderne, un soupçon déjantée.

L’atmosphère reposant sur la crise d’adulescente d’une mère en soif de liberté renvoie à l’image des derniers films de cette dernière décennie, face à une situation standard qui va déraper. Sauf qu’ici c’est trop innocent, la retenue du scénario nous engourdit totalement. L’hilarité des personnages semble forcé. Wow, elle se jette de la farine dessus avec ses copines, une « gue-din c’te MILF »! Non franchement c’est très pauvre, pitoyable et jamais drôle.

Mila Kunis, toute gentillette soit-elle, n’arrive pas à sortir ce film de sa triste banalité. Kathryn Hahn est un beau boulet dans le trio, et je parle pas du physique. Christina Applegate toujours piquante et fraîche est ici très fade. Sa source de jouvence au botox commence à s’installer. Interprétant la pimbêche de service, son personnage est affligeant. Et cet happy end tout pourri, qui lie les sœurs ennemies, ce n’est pas crédible et d’une niaiserie à faire pâlir Sissi l’impératrice!

Une comédie qui plonge malheureusement dans la sobriété d’un scénario sans surprise et sans sourire. C’est du déjà vu, aucune ambition, aucune folie, on a aucun plaisir de suivre cette bande de MILF dépourvu de piquant et d’humour.



Don't Breathe : La maison des ténèbres

Réalisé par Fede Alvarez

Avec Jane Levy, Dylan Minnette, Daniel Zovatto
Pays:   États-Unis
Genres : Crime, Horreur, Thriller
Durée : 1 h 29 min
Année de production : 2016
7/10

Raisonnablement ce thriller n’est pas ce qui est de plus palpitant dans le genre. Mais le cahier des charges est globalement bien investi et on frissonnerait « presque » face à cette intrusion d’un nouveau genre face à un homme aveugle qui tente de protéger sa maison et surtout ses secrets.

Le scénario n’est pas qu’une intrusion standard, déjà parce que notre héros est un ancien de l’US Army mais surtout parce qu’il est aveugle. Dès lors où l’on s’enfonce dans les abimes de la maison, nous sommes surpris de voir ce qui s’y cache. En effet, le film joue sur ses multiples rebondissements. Le réalisateur par sa simplicité de mise en scène arrive à faire valoir toute la froideur de son ubuesque traque. Porteur d’une certaine radicalité tout en restant réaliste, on ne sait plus quel personnage est un héros qu’on cherche à aimer/sauver.

Le film porte bien son titre. Dès lors où les intrus rentrent dans la maison et se trouvent face-à-face au soldat, nous retenons notre souffle, tel un prédateur qui s’approcherait de notre visage pour savoir qui si la vie s’anime devant lui. Quelques plans nous plongent dans une obscurité qui nous irrite, mais on comprend ainsi mieux notre héros, qui est lui, enfermé dans sa propre obscurité. Le scénario ne divague pas autour des facultés de l’homme aveugle. Tout reste globalement plausible et ce n’est pas parce qu’il a fait l’armée ou qu’il est aveugle, qu’il est capable de sentir ses proies à travers la maison. N’est pas Daredevil qui veut et heureusement! Son seul avantage est de connaitre les recoins de son habitation par cœur, rendant les quelques courses sinueuses plus palpitantes. Stephen Lang, acteur de seconde zone, connu pour être le méchant d’Avatar, n’avait pas retrouvé depuis un rôle à sa hauteur. Son charisme étant, son personnage reste une jolie réussite dans ce thriller qui malmène trois adolescents. Tel est pris qui croyait prendre!

Aveugle, la terreur nocturne qui se dégage de la maison nous captive. Sans esbroufe, ce thriller rondement mené dévoile quelques rebondissements assez surprenants et bien agréables, face à un casting sobre et convaincant.



Eyjafjallajökull

Réalisé par Alexandre Coffre

Avec Valérie Bonneton, Denis Ménochet, Bérangère McNeese
Pays:   Belgique,   France
Genres : Comédie
Durée : 1 h 32 min
Année de production : 2013
4/10

Surfant sur un fait d’actualité, Dany Boon se retrouve dans une comédie médiocre et finalement pas très drôle. S’éloignant ponctuellement de la réalisation/scénarisation de ses propres films, il se retrouve acteur d’une comédie qui manque de panache et d’une écriture fidèle à son humour.

Avec son titre imprononçable, les scénaristes n’utiliseront le volcan Islandais que pour justifier le nouveau mode de transport d’un couple de divorcé, pour se rendre au mariage de leur fille, en Grèce. Les multiples rebondissements vont alors se multiplier face aux querelles passées des deux individus. Jamais le film ne se focalisera sur le nuage volcanique qui a investi l’Europe en 2010, ces perturbations ne sont qu’un prétexte pour amorcer l’intrigue et enfermer les deux saltimbanques dans un road movie bancale, parfois pitoyable.

Valérie Bonneton est assez mauvaise, son jeu comique semble trop forcé. A part jouer la peste de service, il n’en ressort pas grand-chose d’intéressant. Dany Boon innove en rien dans la comédie, il n’est pas du tout créatif dans son interprétation et ses mimiques semblent être la copie de ses précédents films. Bien entendu comme toute bonne comédie potache française, la finalité de l’histoire est prévisible et le happy end est bien barbant se terminant dans du conformisme à pleurer. Il nous reste cependant un peu de dépaysement à la clé. Le réalisateur Alexandre Coffre nous fait voyager d’Allemagne jusqu’à la Grèce en passant par la Croatie avec de jolis paysages variés. Le format assez court de cette comédie permet de ne pas trop nous ennuyer. Ce qui est pénible finalement c’est de voir une énième comédie française (ou U.S d’ailleurs) qui utilise un peu trop les mêmes ficelles scénaristiques.

Boon s’enferme dans un registre qui ne nous amuse plus. Bonneton s’efforce à nous faire rire sans véritablement y arriver. Quelques quiproquos nous amènent à étirer nos zygomatiques mais il ne faut pas s’attendre à être hilare. Seul le choix du titre Eyjafjallajökull était une prise de risques, mais pas besoin de s’efforcer à le retenir au vu de la pauvreté de cette comédie prévisible.



Sausage Party

Réalisé par Conrad Vernon, Greg Tiernan

Avec Seth Rogen, Kristen Wiig, Jonah Hill
Pays:   États-Unis
Genres : Aventure, Animation, Comédie, Fantastique
Durée : 1 h 29 min
Année de production : 2016
7.5/10

Afficher l'image d'origineIrrévérencieux le film d’animation Sausage Party est enfin disponible en France alors qu’il ne devait pas voir le jour au cinéma à cause de ses propos vicieux et osés. Les parents d’un jeune public non averti auraient pu être consterné face aux hilarantes animations d’une saucisse qui ne rêve que d’une chose: rentrer dans son amie le pain viennois. Tout est sous-entendu, les références sexuelles sont multiples et les répliques assez drôles. On retrouve l’énergie et l’émulation de l’équipe de Seth Rogen, qui avait déjà pas mal visé en dessous de la ceinture le film The end. Pour pleinement apprécier le film, faudra bien réviser le langage pornographique pour y découvrir une multitude de références.

Les personnages ne sont pas tous intéressants mais leurs morphologies sont bien pensées au profit du scénario. Le petit clin d’œil du malabar mâchouillé en la personne de Stephen Hawking est bigrement plaisant dont la mythique scène du fusil à pompe faisant référence au T-1000.

Graphiquement c’est très lisse, on sent que le budget est bien loin des super-productions Pixar. Ici, ce sont les propos qui sont mis en avant, bien plus que le côté technique. C’est du grand Dixar (contraction de Dick & Pixar). Cependant quelques scènes sont agréablement bien pensées. Lorsque le monde coloré des fruits et légumes se retrouve au milieu d’une apocalyptique scène de guerre, on est surpris de voir une ambiance s’installer et on regrette même de pas la voir un peu plus s’éterniser. On appréciera aussi la scène cruelle des découpes de légumes, segmentant nos chers petits personnages. Mais c’est l’ultime scène qui reste la plus mémorable dans une orgie de produits de notre quotidien, aussi drôle que scabreuse.

Si tout n’est pas pleinement réussi, le film a le mérite d’être original, ciblant uniquement un public adulte qui saura apprécier les divergents propos des personnages. Techniquement ce n’est pas parfait mais l’équipe de Seth Rogen semble s’amuser dans un délire propre à eux, réalisant ici une œuvre animée acide et notable.



Doctor Strange

Réalisé par Scott Derrickson

Avec Benedict Cumberbatch, Chiwetel Ejiofor, Rachel McAdams
Pays:   États-Unis
Genres : Action, Aventure, Fantastique, Science Fiction
Durée : 1 h 55 min
Année de production : 2016
6/10

Nouveau personnage de chez Marvel porté à l’écran, Doctor Strange lorgne fortement dans le cinéma fantastique, plus que du super-héros. Force est de constater que le schéma narratif de la naissance d’un super-héros est bien huilé chez Marvel. On y découvre l’insatiable homme qui va se transformer rapidement en super-héros, et même plus ici en un magicien-sorcier. A croire que Strange prédestiné son nom de scène!

Si la première partie, dans son bon rôle de docteur égocentrique est de bonne facture, la seconde partie, retranché sous sa cape de super-magicien, est parfois balourde et maladroite. Dès son entrainement auprès des sages mystiques népalais, le spectateur reste sceptique, on n’y croit plus. Ses capacités à connaitre les secrets d’un monde caché fait de dimensions alternatives sont trop précipitées, alors que pendant ce temps-là d’autres « moines shaolin » tente de s’entrainer depuis des années pour acquérir ce que Strange réussira en quelques heures. Il faut faire preuve de philosophie au risque de rester sur la touche. Les ouvertures de portes temporelles semblent tellement éloignées de notre monde que notre spiritualité est fortement mise à contribution.

Afficher l'image d'origineTout est question de temps. On aurait crié au génie si le film était sorti une décennie plus tôt. Cependant Marvel s’efforce de toujours satisfaire le plus large public possible. Ainsi Doctor Strange n’est pas qu’un film fantastique, il mêle de la science-fiction et beaucoup d’humour. Ainsi, les petits pics comiques permettent de laisser en éveil le spectateur avec le sourire. Mais la cape vivante qui sort de nulle part et qui ne sert qu’à faire des blagues ne crédibilise pas vraiment le personnage. C’est sympa, au risque parfois d’être ridicule. Heureusement le personnage joué par Benedict Cumberbatch conserve son sérieux et son statut de Doc, même si l’apparence de Strange reste bien plus charismatique que son propre interprète. Le reste du casting est de qualité même si pas toujours à sa place dans ce film. Tilda Swinton réussit de nouveau à totalement se métamorphoser dans un rôle qui lui va finalement pas trop mal. Le méchant Kaecilius interprété par Mads Mikkelsen est toujours plaisant à voir au cinéma, même si ce n’est pas ce genre qui lui correspond vraiment. Il fait le « taf » aidé par de sacrés effets numériques. En effets, les CGI sont véritablement renversants, dont la technique plus que convaincante nous laissant à la limite de l’attraction visuelle. Les renversements de décors inspirés d’Inception foisonnent à l’écran, nous hypnotisant parfois la rétine avec quelques soulèvements d’estomac (rires).

Le plus difficile est de se convaincre de ces multi-univers aux couleurs criardes dans lequel notre magicien va et vient à sa guise. De plus, il manque l’enjeu qui met en péril le personnage, comme la majorité des Supers de chez Marvel, même si le compositeur Michael Giacchino appuiera musicalement certaines séquences. La scène du bullet-time inversée est cependant la bonne surprise du film, le clou du spectacle. Techniquement, ILM renforce son statut de « supernova » de l’effet spécial depuis 40 ans. Une compagnie qui a su évoluer avec les impératives évolutions techniques, espérons que Marvel fera de même avec ses multiples phases héroïques.

Principal personnage spirituel de chez Marvel, Doctor Strange est un personnage mystique qui peine à nous convaincre. Il a le mérite d’apporter une touche de fraicheur dans un monde visuel très créatif, malheureusement noyé dans une accumulation d’adaptation cinématographique de super-héros.



Hot Bot

Réalisé par Michael Polish

Avec Cynthia Kirchner, Doug Haley, Zack Pearlman
Pays:   États-Unis
Genres : Comédie, Science Fiction
Durée : 1 h 26 min
Année de production : 2016
3/10

Si l’affiche a de quoi ameuter tous les puceaux geeks en mal de sexe, cette comédie n’offre en rien ce qu’elle prédestinait à montrer. Il s’agit là en réalité que d’un faux prétexte pour nous charmer avec une jolie blonde docile prête à réaliser le moindre de vos fantasmes! Que néni! Autant aller taper à la porte de chez Russ Meyer pour se rincer les yeux, ici c’est une comédie tout public avec bien trop de retenue. Et le terme comédie n’est que là pour définir la catégorie du film car malheureusement rien n’est bien drôle au niveau des répliques ou même des situations mal scénarisées.

Mauvais remake de la série Code Lisa, nos deux geeks qui vont s’attacher à leur poupée feront rapidement déchanter le spectateur face aux banalités d’un scénario peu piquant et surtout peu drôle. Une production Netflix peu probante avec une actrice bonne à jouer les « duck face ». Aussi vite sortie, aussi vite oublié.

Hot Bot ne respecte pas le cahier des charges de la comédie sexy et drôle tant attendue. Ce n’est pas drôle, lisse et sans saveur. Cynthia Kirchner, blonde de service n’ira pas plus loin que son rôle de robot au contentement exagéré. Soit belle, et tais-toi!



Elle

Réalisé par Paul Verhoeven

Avec Isabelle Huppert, Laurent Lafitte, Anne Consigny
Pays:   France
Genres : Drame, Thriller
Durée : 2 h 10 min
Année de production : 2016
6.5/10

Afficher l'image d'origineVerhoeven est international, après avoir côtoyé le blockbuster américain, la dramaturgie dans son pays natal aux Pays-Bas, il s’essaye au thriller dans notre contré Française. Adapté du roman « Oh »de Philippe Djian, Paul Verhoeven réalise un dramatique thriller au récit foutraque qui ne nous laisse cependant pas indifférents. L’ambiance Cronenberg semble se propager dans le récit de cette pauvre femme, dénuée d’émotion.

Le spectateur est assommé par les diverses thématiques du film, tout comme l’est le personnage interprété par Isabelle Huppert. Entre sa propre histoire et le déni de viol parfois improbable, elle est entourée de personnages tous ambiguës et atypiques. « Elle » côtoie un monde farfelue face à des violences intérieures. D’un père psychopathe, d’un fils niait qui ne remarque pas que son fils noir n’est pas le sien, d’un voisin malsain, d’un amant peu sensible, la place de l’homme est aussi déraisonnée que perverse. Isabelle Huppert avec sa filmographie ambivalente va camper une terrifiante victime qui refuse de l’être. On est parfois consterné par la situation dont les choix déconcertants de l’héroïne, et même si tous les personnages sont agaçants le malaise s’installe petit à petit rendant l’œuvre dérangeante. Verhoeven sabre ses personnages mais brille par l’ambiance mise en place dans un film qui ne laisse pas indifférent.

Verhoeven revient dans une satire glaciale aux personnages décousues, glauques et outranciers. Son œuvre est funambulesque et dérangeante tout autant que « Elle », tordue, froide et immorale.