Babylon (2023)

Babylon

Réalisé par Damien Chazelle

Avec Brad Pitt, Margot Robbie, Diego Calva
Pays:  États-Unis
Genres : Drama, Comedy
Durée : 3 h 09 min
Année de production : 2022
6/10

Damien Chazelle devenu un réalisateur attendu dans le paysage cinématographique, nous offre un joyeux bordel à travers l’âge d’or d’Hollywood des années 1920. Si le film est une réussite sur les deux premières heures, il s’effondrera sur la troisième heure avec un chapitre peu dynamique, terne et égaré, en totale opposition avec le reste du film!

Le film n’a pas réellement de narration claire. Tout paraît être un brouillon bien arrangé. Babylon est une accumulation de scènes qui suit trois personnages principaux et quelques personnages annexes, avec en prime Jack Conrad, un acteur « bankable » en phase déclinante, Nelly LaRoy, une fille vulgaire mais une actrice talentueuse et Sidney Palmer, un musicien noir qui joue divinement de la trompette sur les plateaux de tournage de film muet. Si les portraits des personnages font apparaitre des situations cocasses et assez jouissives au cœur des plateaux de tournage d’Hollywood, il en reste pas moins que ces figures notables manquent de réelle profondeur. Damien Chazelle ne dévoilera que l’apparence des acteurs sans décortiquer la psychologie de ses personnages, à la fois brillants sur scène mais tourmentés par les critiques et la métamorphose du cinéma muet.

Si on suit avec appétit la gloire puis la déchéance desdits protagonistes dans une succession de séquences qui alternent l’outrance et la gloire, à travers la mise en scène virtuose de Chazelle, le film bâcle sa sortie avec un développement totalement « déporté » de son sujet d’origine, dans un vaste souterrain, au cours de laquelle Tobey Maguire, au teint et au comportement de vampire, va déshonorer l’envie de « vivre » le cinéma.

Le film est un agglomérat de scènes délirantes et vulgaires, souvent drôles, mais qui donnent au cinéma muet une image de fête foraine un peu farfelue. Un écho d’un cinéma que l’on imagine pourtant bien plus rigoureux mais qui par la folie de Chazelle nous offrira une nouvelle vision, de ce qui ne se fera dorénavant plus. Par la nostalgie de cet art à la fois industriel et artistique, exubérant et fou, qui a cédé la place à un cinéma lisse et puritain, le réalisateur semble parler aussi de la situation d’aujourd’hui, avec la fin du cinéma à grand spectacle, artisanal et ambitieux qui ne présageait certainement pas les multiples plateformes qui construisent dorénavant un nouveau cinéma. Le réalisateur nous « offre » alors un montage accéléré des films les plus iconiques de l’histoire du cinéma, avec dans les oreilles une bande-son parfois insupportable et pourtant tellement addictive. Encore une fois, la composition sonore prend toute son importance dans les yeux et surtout les oreilles de Chazelle, apprenti musicien.

Hollywood, monde crapuleux, cupide, et hypocrite, qui donne naissance à des œuvres artistiquement sublimes, incroyables et étonnant. Un joyeux bordel, une orgie visuelle sans profondeur. Indéniablement décevant quand on aime le travail de Chazelle.

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