Etreintes brisées (2009)

Etreintes brisées

Réalisé par Pedro Almodóvar

Avec Penélope Cruz, Lluís Homar, Blanca Portillo
Pays:   Espagne
Genres : Drame, Thriller, Romance
Durée : 2 h 09 min
Année de production : 2009
6.5/10

Jouer avec des multiples personnages, c’est ce qu’aime Pedro Almodóvar. Ici, il mettra en avant un cinéaste devenu aveugle pour de mystérieuses raisons que l’ont découvrira petit à petit. Il faudra 14 ans et de multiples flashbacks pour comprendre la psychologie de cet homme appelé Harry Caine un temps de son vrai nom Mateo Blanco. Almodóvar abandonne enfin ses « fantasmes fantasques » pour nous pondre une réalisation très plan-plan en voulant rendre son œuvre vraie. Malheureusement, il en ratera sa sortie.

Prostitué un jour, Léna jouée par Penélope Cruz, est une femme opportuniste et naïve. Elle deviendra l’épouse d’un vieil homme riche qui par amour et surtout pour avoir l’emprise sur sa femme qui rêve d’être actrice, décidera de produire un film pour elle. L’amour n’a pas de « prix »! La triangulation malsaine et amoureuse qu’entretient Pénélope avec le réalisateur et son mari, producteur, créé des tensions de plus en plus forte. Légère mais entière, l’actrice devient rapidement le maillon central du film. C’est grâce à son personnage que les autres existent et que l’intérêt réside. Les suspicions débutent, le vieil homme épie sa femme, la bouscule pour continuer à vivre à travers son regard. La différence d’âge est néfaste et sent volontairement le faux-couple. Leurs agissements mutuels font parfois froids dans le dos, même si d’un coté c’est beaucoup plus cérébral. On est souvent en haleine, dans l’attente d’un drame qui semble pointer son nez.

L’ambiance musicale dont le thème est récurrent sème le doute sur les agissements de certains, dont le fils du producteur qui veut absolument avoir affaire à l’amant de sa belle-mère pour réaliser son propre film. L’intention est louche et cela perdure.

Cependant le film perd toute sa teneur et s’essouffle fortement sur la dernière demi-heure. Un des personnages disparait et les tensions s’adoucissent, l’émotion n’est pas. Y avait pourtant matière mais Almodóvar rate totalement son épilogue. Le scénario intéressant sur une bonne partie du film se transforme au final en gros pétard mouillé. Les bavardages du dernier quart du film sont ennuyeux et brisent totalement l’intensité des personnages. On en ressort un peu las. C’est franchement dommage car c’était prenant jusqu’à là! Le soufflet retombe, l’amertume devient présente jusqu’à la dernière scène (à rallonge) qui n’a aucun but si ce n’est d’augmenter notre frustration. Le film aurait été réussi avec davantage d’émotion. De plus, la présence de la dernière scène aurait été justifiée, au moins pour préserver la mémoire, avec ces temps douloureux. Almodóvar semble regarder un peu trop son cinéma et manque de se renouveler.

Prenant sur la majorité du film, le scénario s’enlise totalement pour laisser le spectateur quelque peu dubitatif. L’émotion totalement absente rend l’œuvre espagnole de Pedro frustrante et décevante. Dommage!

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