Dune (2021)

Dune

Réalisé par Denis Villeneuve

Avec Timothée Chalamet, Rebecca Ferguson, Oscar Isaac
Pays:  États-Unis
Genres : Science Fiction, Aventure
Durée : 2 h 35 min
Année de production : 2021
4.25/10

Le film de David Lynch, très critiqué à sa sortie, offrait déjà une œuvre à l’ambiance punk difficilement buvable. Avec ce remake, j’ai l’impression de rentrer dans le même calvaire avec comme base scénaristique une tortueuse épopée aride, aseptisé et interminable. Et même en relisant complétement les détails scénaristique du film sur la toile, on en perd rapidement son latin.

Le film de Denis Villeneuve est totalement désincarné, désabusé, nihiliste, certainement le reflet de l’époque du film qui se passe l’an 10 191. Si le film possède de très belles images avec une proposition d’une architecture géométrique épurée qui excite l’imaginaire, certainement tout droit sorti du livre de Frank Herbert, les propos trop ambitieux, condensent fantaisies bibliques, références historiques, discours politique et bataille homérique. Vladimir Harkonnen sera ce qui désenchantera les plus réfractaire, avec un personnage mystique (son extension laisse perplexe), inhumain et gras. Sans parler des Bene Gesserit, une puissante congrégation exclusivement féminine qui use de pouvoirs supranaturels pour influencer l’ordre du monde sans comprendre d’où viennent leur pouvoir dans un monde qui cherche à s’accrocher à notre sombre réalité future. Enfin, vient se greffer Paul, fils du Duc Atreidès, présenté comme un futur Messie, venant prendre possession d’Artakis. Et dans tout ce bordel, une multitude de personnages (et vers de sable en forme d’anus) interagissent sans que nous comprenions toujours leurs ambitions en quête d’une épice qui augmente la longévité mais donne aussi [deuxième effet kiss cool] la capacité de voyager dans l’espace! La position ambiguë de l’ordre des Bene Gesserit semble un arc intéressant à creuser mais la encore c’est juste à peine évoqué, histoire d’étirer l’œuvre sur une éventuelle trilogie.

baron vladimir harkonnen | Explore Tumblr Posts and Blogs | TumgirUn futur étrange. La transposition d’un futur « au rabais » est étonnamment difficile à appréhender. Comme si dans 80 siècles, on n’avait pas inventé un autre stratagème pour éliminer son ennemi qu’un gaz toxique enfermé dans une fausse dent. Il y a une dissonance continue entre les phases d’expositions, les séquences d’action, les rebondissements et les résolutions. Autant le dire, ce bel objet insipide, sans humanité, noyé dans une musique tonitruante, parle un langage qui m’est totalement étranger. Ni même le casting avec un charmant Timothée Chalamet qui n’arrive jamais à éveiller. Josh Brolin ou Jason Momoa qui n’ont pas grand chose à proposer. Quant à Zendaya, Denis Villeneuve s’entête à la filmer comme l’égérie d’une publicité Lancôme (qu’elle représente). La seule prouesse technique ne suffit pas pour donner corps à une œuvre cinématographique, surtout quand les scènes ressemblent à des tableaux dans un montage qui ne les raccorde pas. Ou alors parce que le scénario est trop ambitieux à travers un cinéma contemplatif sans âme et sans poésie.

Dune, quête spirituelle interminable, à la bande sonore assourdissante, est une œuvre difficile à ingérer en une seule fois. Dois-je réitérer l’expérience? Le problème n’était finalement pas l’adaptation de Lynch mais le fait que l’on disait que le roman de Franck Herbert publié en 1965 était intransportable. En tout cas, ouvrez vos esprits…

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